Le poivre est une épice obtenue à partir des baies de différentes espèces de poivriers, qui sont des plantes de la famille des pipéracées. Seuls les fruits du Piper nigrum, du Piper cubeba et su Piper longum ont droit légalement à l’appellation de poivre. |  |
L’espèce Piper nigrum produit, selon le stade de sa récolte et le type de sa préparation, le poivre vert, blanc ou noir.
le poivre vert est obtenu par la conservation humide de baies immatures ; le poivre blanc est constitué de baies mûres débarrassées de leur péricarpe ; le poivre noir est obtenu à partir de baies parvenues presque à maturité, fermentées puis séchées ; le poivre rouge est la baie de poivre arrivée à pleine maturité ; |
 | le poivre gris est du poivre noir moulu, c’est pour cela qu’on ne le trouve qu’en poudre. C’est le mélange du péricarpe noir et du cœur blanc qui donne cette couleur grise particulière. Le poivre rose, également appelé « baies roses », est une sorte de poivre obtenu à partir des baies de l’espèce Schinus terebinthifolius. En trop grandes quantités, le poivre rose devient toxique : une douzaine de graines par plat est une mesure raisonnable. |
La baie rose entre aussi dans la composition de certains parfums. L’espèce Piper longum produit le poivre long, très utilisé dans l’Antiquité et au Moyen Âge, mais presque oublié de nos jours. Le Piper cubeba produit le poivre cubèbe, un grain rond à petite queue, d’où son nom de « poivre à queue ». |
Histoire et origine
Son nom vient du sanskrit pippali, devenu en grec πέπερι (peperi), puis en latin piper. La culture du poivrier est originaire de la côte ouest de l’Inde dans l’Etat de Kérala, et a gagné l’Asie du Sud-est, Madagascar et plus récemment le Brésil. Son utilisation en Grèce daterait de l’épopée d’Alexandre le Grand.
L’histoire antique du poivrier noir est souvent liée, et confondue, avec celle du poivrier long. Les fruits secs de ce dernier ont été utilisés pour fabriquer des pipeaux. Les Romains se sont servis des deux espèces sans distinction. C’est la découverte du Nouveau Monde et des poivres du Chili qui a fait disparaître l’utilisation du poivrier long. Les fruits du poivrier du Chili, une fois secs, ressemblent à ceux du poivrier long. Celui-ci était plus facile à cultiver en Europe.
Au Moyen Age, les épices comme le poivre étaient rares. La conquête d’Alexandrie par les Arabes en 642 marqua le début de ce commerce. Voilà pourquoi les épices les plus rares, comme le poivre, furent utilisées comme monnaie d’échange. De là vient également l’expression « cher comme poivre », ou encore « payer en espèces (épices) ». La richesse d’un noble pouvait être évaluée selon la quantité de poivre qu’il possédait. C’est ainsi que par la suite, les riches Allemands furent surnommés sacs de poivre.
À partir du XVIe siècle, le poivre est également cultivé Java et Sumatra en Indonésie, ainsi qu’en Malaisie ailleurs en Asie du Sud-est.
Le poivre sait tout faire… ou presque
Validé par Dr Guy Avril, médecin généraliste formé à la diététique ayurvédique
Le poivre a des vertus digestives, anti rhume, anti douleur, il aide à soigner la gastro-entérite, les bronchites, et il stimule la libido… Le poivre met du piquant dans la vie et nous garde en bonne santé. Le poivre est très souvent utilisé pour cicatriser rapidement les coupures légères. Cette pratique est fréquemment rencontrée dans l’industrie hôtelière, en cuisine plus particulièrement, où les coupures légères sont relativement fréquentes avec pour conséquence directe une interruption de travail, et où le poivre est facilement disponible. Par ailleurs, les propriétés stimulantes du poivre sur les sécrétions digestives sont bien connues. Les fruits mûrs, encore noirs, du poivrier, contiennent une huile essentielle aux propriétés réchauffantes, stimulantes, antalgiques et aphrodisiaques.
Le poivre aide à digérer
On le sait, la digestion débute par la bouche et dans ce processus, la salivation joue un rôle important. Elle commence à séparer certains composants de nos aliments pour les rendre plus faciles à assimiler par l’organisme, elle forme le bol alimentaire en amalgamant les aliments réduits en bouillie par la mastication et elle protège les dents en réduisant l’acidité du milieu buccal. Or, la chavicine, une résine piquante contenue dans le poivre, possède la faculté d’augmenter la production de salive. D’où son action positive sur le processus digestif.
Vous êtes sujet aux troubles intestinaux et aux gastro-entérites ?
Pensez au poivre ! En prévention : le poivre est un antibiotique et un antiparasitaire intestinal qui permet également de réduire la fermentation.
En curatif, si vous êtes déjà malade : vous pouvez l’associer avec de la coriandre, du gingembre et surtout du curcuma, vous obtiendrez alors un puissant cocktail désinfectant.
Enfin le poivre peut soulager les dyspepsies et ses symptômes : ballonnements, éructation, flatulences, sensation de lourdeur.
La pipérine, le principal actif du poivre, celui qui lui donne son goût piquant, excite les enzymes digestives, composants qui facilitent l’assimilation des protéines, des lipides, et de certains glucides fournis par l’alimentation. Elle permet ainsi de soulager les désagréments liés à cette pathologie.
En clair : si vous êtes sujet à ces petits soucis, avant de foncer chez le pharmacien essayez d’abord de poivrer un peu plus vos repas !
Le poivre est bon contre les kilos superflus
En cas de régime, lorsqu’on privilégie les aliments sans gras, sans sauce, le poivre permet de réveiller les soupes, salades, viandes et autres poissons grillés, et donc de mieux supporter la diète.
A noter : l’effet piquant du poivre peut être aussi très utile dans une situation un peu particulière. En vieillissant, les personnes âgées voient leur goût s’altérer. Dès lors, tout devient insipide et elles perdent l’envie même de manger, surtout si elles sont seules. Ajouter systématiquement du poivre aux plats permet de stimuler les bourgeons du goût et redonner envie de se mettre à table.
Rhume, laryngite, bronchite ? Vite du poivre !
Le poivre facilite l’élimination des mucosités et possède une action désinfectante et antalgique locale. C’est pourquoi il est très utile contre les maux de l’hiver : bronchite, laryngite ou rhume, par exemple.
Contre les maux de gorge, le Dr Avril nous livre une recette plutôt efficace : « dans 25 cl d’eau bouillante, laissez infuser 20 graines de poivre moulu et 2 gousses d’ail, et sucrez largement au miel. A prendre 3 fois par jour en cas de laryngite ou de rhino-pharyngite ».
Le poivre calme la douleur !
Nos grands-mères utilisaient volontiers des liniments, c’est-à-dire des mélanges à base d’huiles, pour frictionner le corps et soulager certaines affections. Comme la moutarde, le poivre peut être employé dans la confection de liniments efficaces contre les maux de tête, les douleurs articulaires, musculaires, la goutte.
La recette du Dr Avril : dans une petite poêle, faire revenir une cuillerée à café de poivre en poudre dans 10 cl d’huile de sésame, puis laisser refroidir et filtrer. Ensuite massez les parties douloureuses.
Le poivre stimule la libido Le poivre a une action aphrodisiaque, probablement due à ses vertus tonifiantes et à son action vasodilatatrice. En effet, lors de la montée de l’excitation, les organes sexuels, de l’homme mais aussi de la femme, gonflent. Un phénomène dû à l’augmentation du calibre des vaisseaux sanguins qui les irriguent. Pour mieux se préparer au plaisir, on peut donc pimenter ses dîners en amoureux ou, comme le conseille le médecin « croquer chaque jour 6 graines de poivre avec 4 amandes et un verre de lait. »
Les amandes sont elles-mêmes considérées comme aphrodisiaques (elles contiennent de l’arginine, un acide aminé qui pourrait être impliqué dans le mécanisme de l’érection). Quant au lait, il est réputé aphrodisiaque dans certains pays, probablement parce qu’il contiendrait des peptides stimulant la production d’endorphine.
Le poivre est diurétique
Le poivre aide aussi l’organisme à éliminer les toxines parce qu’il a des propriétés diurétiques. Il provoque la dilatation de l’artère rénale, c’est-à-dire qu’il augmente la production d’urine.
A noter : Cette propriété détoxifiante est encore amplifiée par un autre processus. Le poivre augmente aussi le calibre des vaisseaux capillaires à la surface de la peau, ce qui a un effet diaphorique. En clair, il facilite la transpiration.
Le poivre assainit l’organisme, détoxifie
Avantage de la pipérine, principe actif très présent dans le poivre (5 à 8% de sa composition) : elle stimule la production de bile par le foie, on dit qu’elle a un effet cholérétique. Une très bonne chose, car c’est grâce à la bile que l’organe joue son rôle d’épurateur : il lui permet de se débarrasser des toxines et donc de débarrasser l’organisme. Après sécrétion, la bile est ensuite stockée dans la vésicule puis évacuée via l’intestin.
Astuce pour les adeptes du régime « détox » : n’hésitez pas à ajouter quelques tours de moulin à poivre dans vos soupes de légumes !
Poivre-curcuma : des vertus santé multipliées
Le curcuma est l’épice vedette des études internationales qui lui confèrent des vertus antitumorales, antioxydantes et
anti-inflammatoires. Or la pipérine du poivre peut multiplier par 20 la biodisponibilité des principes actifs du curcuma. Si vous appréciez également le curcuma n’hésitez pas à le mettre au menu !
Dans quels cas éviter le poivre ? Si le poivre est, la plupart du temps, un atout santé, mieux vaut tout de même l’éviter dans certains cas. Il est préférable de réduire sa consommation en cas d’ulcère à l’estomac, car il irrite la muqueuse gastrique. De même, le poivre n’est pas recommandé lors d’une crise hémorroïdaire. Dans la médecine ayurvédique il est dit que l’épice ajoute du feu au feu. Les tempéraments colériques, très actifs, qui transpirent beaucoup, appelés Pitta chez les Indiens, ont donc intérêt à ne pas en abuser.
Source
Entretien validé par le Dr Guy Avril, médecin généraliste, formé à la diététique ayurvédique (médecine indienne)